Archive Larousse : Dictionnaire du Cinéma - BERTHOMIEU (André) - BERTOLUCCI (Bernardo) cartier umar francaise

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BERTHOMIEU (André)

cinéaste français (Rouen 1903  - Vineuil-Saint-Firmin 1960 ).

Il aborde la mise en scène en 1928 avec Pas si bête, dont il est également le scénariste. Son œuvre abondante (plus de 60 films) touche à tous les genres. Il dirige de grands acteurs (Michel Simon, Jules Berry, Fernandel, Bourvil) dans des films commerciaux généralement peu inspirés. Quelques comédies, tournées au début de sa carrière, échappent pourtant à la médiocrité, comme le Mort en fuite (1936) et surtout Mon ami Victor (1931), avec Pierre Brasseur et René Lefèvre, film inclassable qui préfigure l'âpreté du cinéma français des années 40.

BERTIN (Pierre Dupont, dit)

acteur français (Lille 1891  - Paris 1984 ).

Il abandonne la médecine pour le théâtre, qui l'occupera sa vie durant. Le cinéma lui confie quelques rôles intéressants dans les années 1930, dans la Petite Chocolatière (Marc Allégret) ou Faisons un rêve (Sacha Guitry). Sa vocation sera celle des comparses absents du devant de l'affiche mais immédiatement reconnus du public ; sa diction et ses mimiques un peu forcées et son goût pour les personnages originaux l'orientent vers les compositions de maladroits, ridicules, pompeux. Ses admirateurs se souviennent notamment de sa prestation dans Mademoiselle Béatrice de Max de Vaucorbeil (1943), du sous-préfet du Corbeau de Clouzot (1943), ou de l'instituteur de Knock de Guy Lefranc (1951). Dans sa filmographie figurent aussi Orphée de Cocteau, le Diable boiteux de Guitry, et une surprenante apparition avec Chabrol dans les Bonnes Femmes . Comme Madeleine Renaud, avec qui il fut marié quelques années, il a toujours privilégié sa carrière théâtrale au détriment du cinéma.

BERTINI (Elena Seracini Vitiello, dite Francesca)

actrice italienne (Florence 1892 - Rome 1985 ).

Autour de Francesca Bertini se développa le phénomène des divas qui caractérise le cinéma italien pendant les années 10. De toutes les actrices du temps, Francesca Bertini est la plus célèbre, la plus adulée : ses quelque 90 films réalisés pour l'essentiel entre 1909 et 1921 (après cette date, elle n'apparaît plus que très rarement à l'écran) lui valent une réputation internationale et des cachets mirobolants : le producteur Barattolo, pour qui elle travaille, crée même pour elle la Bertini Film en 1918. Ayant débuté dans des rôles secondaires au théâtre à Naples, elle est remarquée par un cinéaste de Pathé Italia. Venue à Rome, elle est engagée par la société Film d'art italien-Pathé, elle passe ensuite à la Cines, à la Celio (Baldassarre Negroni impose définitivement la jeune actrice dans des films comme Idillio tragico, La maestrina, La madre, La bufera ), puis à la Caesar Film de Barattolo en 1915. Elle tourne alors le célèbre Assunta Spina (G. Serena, 1915). Parmi ses très nombreux films, on peut citer La signora dalle camelie (G. Serena, 1915), Odette (G. De Liguoro, 1916), La donna nuda (R. L. Roberti, 1918), la Serpe ( id., 1919), Amore di donna ( id., 1920). En 1930, elle est sous la direction de Marcel L'Herbier la Femme d'une nuit. Aussi à l'aise dans les rôles de vamp que dans les personnages populaires, Francesca Bertini a marqué profondément la cinématographie italienne ; sa place est d'autant plus éminente que l'on sait maintenant qu'elle participait étroitement à la réalisation des films qu'elle interprétait. Devenue comtesse Cartier, elle abandonne le cinéma très tôt. Lorsque Visconti la sollicite pour un come-back dans le rôle de la mère, dans Sandra (1965), l'ancienne diva demande l'impossible : cent millions de lires... On la reverra pourtant en 1976, âgée de 84 ans, dans 1900 de Bertolucci.

BERTO (Juliet)

actrice française (Grenoble 1947  - Paris 1990 ).

Elle débute très jeune au théâtre, puis se consacre au cinéma (une quarantaine de films depuis 1966), en particulier avec Jean-Luc Godard, qui la découvre et l'impose dans Deux ou Trois Choses que je sais d'elle (1967), la Chinoise (id.) et Week-end (id.). Dès lors, elle marque de nombreux films de sa spontanéité, de son tempérament de révoltée, de son humour sans complexes. Elle épanouit sa personnalité avec Jacques Rivette dans Out one (1974 [ RÉ 1971]) et Céline et Julie vont en bateau (1974), mais aussi avec Alain Tanner ( le Milieu du monde, 1974), Joseph Losey ( Monsieur Klein, 1976). Elle a aussi tourné avec Glauber Rocha ( Claro, 1975) avant de réaliser avec Jean-Henri Roger Neige (1981) et Cap Canaille (1983). En 1986, elle signe Havre et apparaît dans Un amour à Paris (M. Allouache, 1988 RÉ 1986).

BERTOLUCCI (Bernardo)

cinéaste italien (Parme 1941 ).

Fils du poète et critique Attilio Bertolucci, poète lui-même dès son adolescence, il s'intéresse très tôt au cinéma amateur. Étudiant à l'université de Rome, il rencontre Pasolini, qui lui offre d'être son assistant sur Accatone (1961). L'année suivante, il dirige son premier film, La commare secca (c'est-à-dire la Mort ), sur un scénario qu'il a écrit avec Pasolini mais que celui-ci n'a pu tourner. Aussi le vrai début de Bertolucci est-il Prima della rivoluzione (1964). Bien qu'encombrée de rhétorique et nourrie d'influences disparates, cette œuvre met pour la première fois l'accent sur le dilemme de l'intellectuel italien, à la fois communiste et pétri de culture, révolutionnaire et conservateur. Avec une force étonnante, Bertolucci y pose des principes qu'il n'abandonnera plus, même s'il les retouche ensuite : certes, principes tout instinctifs (le film est aussi le début d'une autoanalyse qui prendra peut-être fin avec La luna ), mais qui doivent beaucoup à la cinéphilie. D'où la prédominance des plans longs et surtout l'apologie de la lumière, qui agit dans le film comme un élément unificateur du récit (de type littéraire). D'où, aussi, la mise en scène, dont Bertolucci se montre d'emblée l'un des maîtres, avec référence explicite à l'opéra, surtout à Verdi. Prima est salué avec enthousiasme par une poignée de critiques, tant à Cannes qu'à Venise. On peut passer sur Partner (1968), que Bertolucci regarde lui-même comme une erreur due à un excès d'introspection, sans recul par rapport aux particularismes d'une époque (alors que Prima les transcendait). Demandant à Jorge Luis Borges ( la Stratégie de l'araignée, 1970) et à Alberto Moravia ( le Conformiste, 1971) le sujet de ses films suivants, Bertolucci les amplifie et les décale jusqu'à rendre visuellement sensible, par la seule mise en scène, la recherche d'identité qui meut ses héros : décors pris comme des coulisses mobiles, topographie qui transforme en lieux imaginaires aussi bien le Paris du milieu des années 30 qu'une petite bourgade paysanne de l'Émilie. Dans la Stratégie de l'araignée, en particulier, Bertolucci réussit pleinement la fusion d'une personnalité en équilibre instable. Le succès de scandale du Dernier Tango à Paris (1972 ; avec Marlon Brando et Maria Schneider) fait oublier que ce beau film, centré sur deux interprètes omniprésents, est lié aux films antérieurs et comporte même à leur égard une légère ironie (le personnage de Léaud). Ce succès ouvre à Bertolucci la possibilité d'une superproduction : 1900. Avec un courage dans la provocation qui n'est pas si fréquent, il entreprend de narrer sa vision personnelle de l'histoire du communisme italien et de la société rurale entre 1900 et la Libération. Malgré un long travail de préparation (deux ans), une interprétation all stars (avec Burt Lancaster en hommage accentué au Guépard de Visconti) et la splendeur de la réalisation, ce film spécifiquement bertoluccien par ses fantasmes et aussi par son formalisme subit un retentissant échec commercial, et ce d'autant qu'il est saboté aux États-Unis. Depuis lors, La luna et, à un moindre degré, la Tragédie d'un homme ridicule sont venues apporter la preuve que cet « enfant prodige » du cinéma italien savait élargir sa palette d'auteur. Le cinéaste se lance ensuite dans des superproductions tournées aux quatre coins de la planète qui lui valent une grande réputation internationale. Le Dernier Empereur (1987, Oscar du meilleur film à Hollywood) raconte la vie mouvementée de Pu Yi, dernier occupant de la Cité interdite de Pékin. Un thé au Sahara (1990), d'après le roman de Paul Bowles, suit l'itinéraire d'un couple d'Américains fascinés par la solitude du désert africain et qui finissent par y trouver l'un la mort, l'autre l'amour. Little Buddha (1993) évoque, des États-Unis au Tibet, la réincarnation du Buddha dans le corps d'un enfant de Seattle. Un peu de la profonde originalité du cinéaste se perd dans ces films à gros budget. Aussi, sans doute soucieux de revenir à des œuvres plus personnelles, Bertolucci se réenracine en Italie avec Beauté volée (1996), un hymne à la féminité naissante réalisé dans la campagne toscane, et avec Shandurai (1998), une étrange histoire d'amour entre un pianiste anglais et une domestique africaine dans un somptueux appartement romain de la place d'Espagne.


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Montréal, je me souviens !

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lundi 13 août 2012

Maison Sir George-Étienne Cartier


Maison de Sir George-Étienne Cartier, Vieux-Montréal.
Source : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/recherche.html?recherche=square


La maison de George-Étienne Cartier (1814-1873), bâtie en 1837, apparaît comme un élégant édifice en pierre. Elle est protégée par un toit en fausse mansarde (1893), trait commun à tant d’autres maisons montréalaises de la fin du XIXe siècle. Une partie du bâtiment recrée l’univers bourgeois où vécut, de 1862 à 1871, la famille du célébrissime homme politique. Cette maison est à la frange nord-est du Vieux-Montréal, angle Notre-Dame Est et Berri. Son emplacement, jadis celui de la citadelle militaire, avoisine l’édifice recyclé de l’ancienne gare Dalhousie (1883-1884), la plus ancienne gare ferroviaire de Montréal, toujours existante. La restauration et l’interprétation qui est faite dans ce lieu historique national permet de comprendre la carrière politique de Cartier et de retracer l’histoire de cette maison, de son quartier environnant et, plus globalement, l’évolution du développement urbain de Montréal. Elle permet également de comprendre le mode de vie et les relations sociales de cet homme politique marquant. (Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française).


Sir Georges Étienne Cartier
Source : Musée McCord I-7956

Sir George-Étienne Cartier (6 septembre 1814 - 20 mai 1873) est un homme d'État canadien français, un réformateur de l'éducation et de la justice et un père de la confédération.
L'orthographe anglaise de son prénom, George, au lieu de Georges, l'orthographe habituelle en français, est expliquée par le fait qu'il fut nommé en l'honneur de George III du Royaume-Uni. (Wikipédia)

Les deux maisons vues de l'intersection des rues Notre-Dame et Berri.
Photo Guy Lauzon, 2010


Vue arrière des deux maisons
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_ensemble.php?TYPE_REQUETE=ensemble&ENSEMBLE_DEMANDE=100018:Maisons+Sir-George-%C9tienne-Cartier


Façade des deux maisons, rue Notre-Dame Est.
Photo Denis Tremblay, 2005

La maison Sir George-Étienne Cartier est formée de deux maisons mitoyennes, la « maison est » et la « maison ouest ». À l’origine les maisons étaient séparées l’une de l’autre mais maintenant elles forment un seul bâtiment. Les façades orientées vers la rue Notre-Dame et la rue Berri sont construites en pierre de taille et contrastent avec le mur arrière constitué de moellons. Sur la façade de la rue Notre-Dame, on note l’émergence d’appuis de fenêtre et la présence d’une porte cochère surmontée d’un arc segmentaire. Le bâtiment est doté d’un grand toit à fausse mansarde dont le brisis recouvert d’ardoise est percé par plusieurs lucarnes et est orné d’un pavillon à terrasse faîtière. La « maison est » abrite une exposition sur Sir George-Étienne Cartier, bourgeois montréalais et homme politique et la « maison ouest » illustre le milieu de vie de la famille Cartier pendant les années 1860. La maison Sir George-Étienne Cartier est située à la frange nord-est de l’arrondissement du Vieux-Montréal. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment. (lieux patrimoniaux du Canada).

Ces deux maisons, érigées en 1837, présentent des façades lisses et linéaires en pierre de taille à joints maigres, dans le goût néoclassique. Seuls les appuis de fenêtre émergent du plan du mur. Les élévations postérieures sont en moellons, à la manière traditionnelle, les baies étant délimitées par des cadres en pierre taillée. Un passage cocher occupe le centre du volume créé par les deux maisons jointives. Il sert à l’accueil des visiteurs du lieu, ouvert au public depuis 1985 (Encyclopédie de patrimoine culturel de l'Amérique française).


Les maisons dites de l'Est et de l'Ouest et leur cour arrière
Source : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-336/Maison_de_sir_George-%C3%89tienne_Cartier_%C3%A0_Montr%C3%A9al.html

La maison Sir George-Étienne Cartier est un très bon exemple d’un bâtiment d’inspiration néo-classique qui a connu une évolution architecturale liée à des changements de fonctions au fil des ans. Il en résulte un ensemble cohérent et harmonieux, empruntant aux styles Second Empire et néo-Queen Anne. La maison Sir George-Étienne Cartier possède une très bonne conception fonctionnelle, qui repose en grande partie sur son adaptation du modèle londonien et des maisons regroupées en terrasse. Les matériaux utilisés pour la construction de la maison Sir George-Étienne Cartier sont de très bonne qualité et ont étés assemblés avec soin, tel qu’en témoigne leur bonne durabilité. (Encyclopédie de patrimoine culturel de l'Amérique française)


Maison George-Étienne Cartier
Source : http://grandquebec.com/montreal-touristique/maison-george-etienne-cartier/

Les deux maisons acquises par Cartier possédaient le même gabarit, soit quatre travées de baies et quatre niveaux (soubassement; rez-de-chaussée; bel étage; étage de comble). L’habitude de placer au soubassement la cuisine et autres locaux affectés aux domestiques est un héritage du palladianisme vénitien du XVIe siècle, largement adopté par les Anglais comme s’il s’était agi d’un style national.
Cartier était renommé pour ses qualités d’hôte : la maison familiale pouvait servir à organiser des réceptions, un usage auquel elle se prêtait d’ailleurs bien. Au rez-de-chaussée se trouvait un petit salon attenant à la salle à manger, idéal pour recevoir les invités quinze minutes avant de passer à table. Le grand escalier du vestibule à deux étages conduisait au grand salon où se concluait la réception. La maison était un outil parfaitement adapté à la vie bourgeoise urbaine. Ce foyer familial affiche un décor intérieur triplement différencié. Les pièces qui ont fonction de représentation sociale, là où la visite est admise, sont conjuguées suivant le profil de la doucine (en forme de « S »). La richesse formelle de ce profil se retrouve sur les menuiseries de l’escalier, des plinthes, des chambranles de portes et de fenêtres, ainsi que dans le plâtre des corniches et des rosaces de plafond. La quincaillerie des fenêtres y est plus raffinée; les verrous ont des poignées en laiton lustré. Les pièces réservées aux membres de la famille emploient, tant en bois qu’en plâtre, le profil du cavet (sorte de quart de rond en creux) et les verrous y sont entièrement forgés dans la masse. La troisième variante, le profil d’une simple baguette, est dévolue aux espaces de la domesticité. Cette demeure bourgeoise exprime de manière tout à fait concrète la hiérarchie et le souci du paraître. (Encyclopédie de patrimoine culturel de l'Amérique française)


Le Hall d'entrée
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c

Chambre restaurée.
Source : http://www.tourisme-montreal.org/Specialistes-du-voyage/Decouvrez-montreal/A-la-une/lieu-historique-national-sir-george-etienne-cartier


Une chambre restaurée
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c


Salle à manger
Source : http://www.larouteaccessible.com/index.php/fr/accueil/filter?region=2


La salle à manger.
Source : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-336/Maison_de_sir_George-%C3%89tienne_Cartier_%C3%A0_Montr%C3%A9al.html


Salon Rouge
Source : http://blogues.chatelaine.com/week-end/2009/07/29/la-demeure-de-sir-george-etienne-cartier/


Salons Rouge et Bleu
Source : http://www.pc.gc.ca/fra/lhn-nhs/qc/etiennecartier/activ.aspx


Salon Bleu
Source : http://marieetfrank.blogspot.ca/2012_05_01_archive.html


Embrasure de fenêtre en bois, avec volet.
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c


Exposition permanente - Maison George-Étienne Cartier - Montréal
Source : http://www.topsightseeing.com/canada/montreal/museums/maisondusirgeorgesetiennecartier.htm


Les maisons Cartier intégrées dans un ensemble en terrasse. Époque 1837.
Source :  http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-336/Maison_de_sir_George-%C3%89tienne_Cartier_%C3%A0_Montr%C3%A9al.html

Les deux maisons mitoyennes de Cartier sont parmi les premières constructions à véhiculer, à Montréal, un design néoclassique très épuré et pourtant mêlé d’influences vernaculaires issues de la Nouvelle France, particulièrement évidentes dans les murs postérieurs en moellons, dans les coupe-feu, dans les fenêtres à vantaux et à multiples carreaux de verre. On sent également poindre le principe de l’habitat en terrasse, à l’anglaise, les maisons mitoyennes contribuant à procurer un effet d’ensemble. Les demeures de Cartier faisaient partie d’une rangée se prolongeant, vers la droite, en une maison dont la façade et le plan étaient l’effet miroir de celle que la famille de Cartier quitta en 1871. Le caractère de « terrasse » de ces trois maisons expressément conçues « en suite » était encore accentué par deux édifices de volume similaire érigés en 1826, faisant office à la fois de bureaux, de résidences d’employés et de châteaux d’eau de la Compagnie des Eaux de Montréal. L’ensemble était impressionnant, mais tout a disparu, hormis les maisons de Cartier.

Les maisons de Cartier et les demeures voisines étaient au diapason les unes des autres. En direction du nord-est, un vaste terrain avait été donné à la Ville de Montréal par lord Dalhousie, gouverneur général. On y créa le square Dalhousie agrémenté du Théâtre Royal et d’édifices magnifiques. À l’autre extrémité de ce tronçon élitiste, par delà la rue de Bonsecours, s’élevait l’Hôtel Donegana, l’un des établissements les plus recherchés en Amérique. L’hôtel fut brûlé par des extrémistes anglophones en août 1849, l’année de l’incendie du parlement de Montréal. Les ruines de l’hôtel ne furent démolies que sept ans plus tard. En 1852, le square Dalhousie fut aussi la proie des flammes. Le quartier amorça lentement son déclin.(Encyclopédie de patrimoine culturel de l'Amérique française)


Élévation principale, rue Notre-Dame Est.
Ville de Montréal, 1995.


Élévation latérale, rue Berri.
Ville de Montréal, 1995.


Élévation arrière.
Ville de Montréal, 1995.


Façade Notre-Dame Est.
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c


Détail de la façade
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c


Mur arrière en moellons de calcaire.
Source : http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c


En 1871, la famille quitta la demeure qui venait d’être louée. George-Étienne Cartier, gravement malade, alla se faire soigner à Londres, où il mourut en 1873. Cette même année, la première maison familiale devint un hôtel. En réalité tout l’ancien Montréal intra muros était en transformation depuis le deuxième quart du XIXe siècle. Conséquence de la création du canal de Lachine et du dragage du Saint-Laurent, Montréal était devenue une plaque tournante commerciale entre l’Atlantique et les Grands Lacs. On concentra les entrepôts et le commerce en gros près du port, rue Saint-Paul; le commerce de détail qui s’y trouvait remonta vers la rue Notre-Dame, jusque-là siège des institutions et de résidences prestigieuses. Avec les années 1880, ce qui avait été l’orgueilleux square Dalhousie fut creusé en profondeur pour la mise en place de la gare Dalhousie – relevant de la compagnie du chemin de fer du Canadien Pacifique – ainsi que son réseau de voies ferrées, et ce dans le voisinage immédiat des anciennes maisons de Cartier.

En 1893, la Ville de Montréal entreprit d’élargir la rue Berri séparant les maisons de Cartier de la gare Dalhousie. La maison de gauche, devenue un hôtel, fut amputée de quelque trois mètres. Pour regagner l’espace perdu, il fut convenu de faire disparaître le toit initial, à deux versants, des deux maisons mitoyennes pour y créer un étage carré, sans perte d’espace, dissimulé derrière une fausse mansarde à toit plat. Les locaux de l’hôtel se trouveraient ainsi répartis sur les quatre niveaux de la maison dite de l’Est, et s’étendraient sur tout le périmètre supérieur de la maison de droite. C’est ainsi que ces volumes néoclassiques, en « terrasse », reçurent finalement un toit de type Second Empire, qui avait été le style employé par le gouvernement fédéral pour identifier nombre de ses édifices publics au cours des années 1870.(Encyclopédie de patrimoine culturel de l'Amérique française)


Maison Cartier 1973 et 2008
Source : http://spacingmontreal.ca/2008/11/14/montage-du-jour-la-maison-sir-george-etienne-cartier/


Maisons Cartier par Georges Delfosse, 1937
Source : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-336/Maison_de_sir_George-%C3%89tienne_Cartier_%C3%A0_Montr%C3%A9al.html


Maison George-Étienne Cartier, croquis Yvon Massé, 2009
Source : http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-336/Maison_de_sir_George-%C3%89tienne_Cartier_%C3%A0_Montr%C3%A9al.html


Salle d'exposition
Source : Via Rail Canada


Intérieur accessible au public
À l’entrée, une plaque souligne que « Les Résidences Cartier » constituent un lieu historique national du Canada. Les visiteurs sont invités à suivre un parcours qui les amène à découvrir les deux étages restaurés de cette maison occupée par les Cartier de 1862 à 1871. On y trouve une reconstitution historique du milieu de vie bourgeois de la famille Cartier. Le hall d’entrée de leur époque donne accès aux pièces situées à son propre niveau tout en mettant en valeur le grand escalier qui conduit à l’étage. Le rez-de-chaussée est occupé par les pièces d’apparat, salon et salle à manger, ainsi que par l’office (ou pièce de desserte) qui la jouxte. À l’étage, on trouve un autre salon, trois anciennes chambres, et une salle de bain équipée comme à l’époque des Cartier. (L’étage supérieur qui a remplacé l’ancien comble à l’époque de l’hôtel n’est pas accessible au public)
La reconstitution historique a été régie par le principe de la hiérarchie des pièces. Les pièces d’apparat sont plus soignées, plus riches en décor. Les pièces privées, occupées par les activités quotidiennes de la maisonnée, sont plus dépouillées. Dans le salon et la chambre reconstitués, il est possible d’admirer quelques éléments restaurés du décor original retrouvés lors des travaux (boiseries, placards, fenêtres, etc.). Certains éléments du mobilier original sont également mis en exposition. Le décor victorien reconstitué, qui comprend notamment la vaisselle, les bibelots et les rideaux, correspond à l‘époque où les Cartier aménagent et occupent cette maison. (http://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?num=1&sec=c)



Noël victorien à la maison George-Étienne Cartier


Maison Sir George-Étienne Cartier
Source : Tourisme Montréal


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